Le paradoxe humain
- Eliza A.

- 16 oct. 2020
- 3 min de lecture
Que ce soit en raison des comportements observés lors de la pandémie du COVID-19 ou avec ceux visibles par la problématique sociale des changements climatiques, j’ai remarqué que l’humain n’a pas de problème de volonté.
En effet, nous voulons tous faire des efforts (et nous aimons montrer que nous en faisons).
Nous ne voulons pas que nos enfants manquent d’eau, nous ne voulons pas que l’air soit trop pollué pour être respiré. Nous sommes plus que jamais conscients des limitations de nos ressources et de l'impact de notre surconsommation. Tout le monde est d'accord pour faire des efforts théoriques de société, mais nous ne sommes pas prêts à faire ces efforts quand cela nous concerne personnellement.
La situation du confinement causée par la pandémie a exposé sur une courte période ce phénomène. Les personnes ont eu exactement le même comportement qu’avec les changements climatiques. Ils déplorent la situation, ils veulent que cela arrête, ils ne veulent pas perdre leurs grands-parents qui sont en crise de solitude. Assis devant leurs téléviseurs, ils critiquent ceux qui n’écoutent pas les consignes, ils pointent du doigt « les jeunes » qui voient leurs amis. Toutefois, quand ils sont confrontés eux-mêmes à une interaction sociale spéciale à leurs yeux… Oh, mais ce n’est pas la même chose, c’est une personne importante pour moi, c’est pour une fête, c’est par ce que MOI je m’ennuie trop.
Exactement le même phénomène que la lutte aux changements climatiques. Des milliers de manifestants qui manquent leurs cours pour crier haut et fort qu’il faut faire quelque chose pour empêcher la hausse de température. Quand en route pour le rassemblement, ils ont été se chercher un café au Tim Hortons, la deuxième compagnie ayant le plus contribué à la pollution de plastique au Canada en 2018 et en partagent des "storys" de l'événement sur leur nouvel iPhone qui "prend de meilleures photos que celui que j'avais avant".
Mais comment peut-on en vouloir à ces gens si paradoxaux (dont nous-mêmes)? Nous avons été éduqués comme cela. Nous faisons partie d’une société où l’économie est le cœur de nos préoccupations et cette même économie est basée sur le concept de la main invisible qui prône que l’humain en agissant en son propre intérêt, améliore la société. Oui, économiquement parlant Adam Smith a permis de faire évoluer nos mécanismes.
En ce qui concerne les enjeux sociaux, il faut toutefois repenser ce concept. En maximisant son propre bien-être, la voisine qui a besoin de prendre un verre avec ses amies en pleine crise sanitaire, participe-t-elle réellement au bien de la société tout entière ? La main invisible ne serait-elle pas plutôt la cause de la propagation du virus ?
Dans le même ordre d’idées, la personne qui, en cherchant que son intérêt personnel, veut manger un McFlurry du McDonald, ou aller une semaine dans un tout inclus, ou celle qui au lieu de faire son tri de déchets, préfère mettre son temps à écouter une série sur Netflix va-t-elle réellement améliorer le sort environnemental de la société ? Économiquement, certes.
Dans une perspective de responsabilité sociale, je ne crois pas que la main invisible soit équilibrée surtout pas dans les piliers sociaux et économiques. La satisfaction court terme de la consommation d’un produit non durable vaut-elle vraiment l’impact à long terme de ce genre d’égoïsme tant encouragé.
Par contre, dans l'optique long terme où les profits des entreprises sont investis dans la recherche de solution, là peut-être que la main invisble permetterait de joindre les volet sociaux, économiques et envionnementaux. Ça, c'est une autre discussion.
Sommes-nous enfin prêts à briser le paradoxe entre ce que nous voulons et ce que nous sommes prêts à faire?
Elizabeth




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