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Pourquoi j'ai supprimé mes abonnés Instagram

Hier matin, j’ai supprimé mes followers Instagram et j’ai changé mes paramètres de confidentialité pour un compte privé.

Tout a débuté avec mon père. Homme, mi-quarantaine, cheveux blancs et ayant des comptes Instagram, Snapchat, Facebook, Tik Tok (non pas lui, je vous ai eu).

Cette semaine, il m’a demandé de l’aider à supprimer son compte Instagram. Il ne comprenait même pas, à la base, pourquoi il en avait un et ne voyait pas la valeur ajoutée de partager sa vie.


Après l’avoir aidé, je me suis mise à réfléchir.

Oui, on a près de 20 ans de différence. On s’entend pour dire que ces deux décennies ont marqué la société par l’évolution trop rapide de ses technologies. On se dit souvent qu’il y a un gros clash générationnel entre nos parents et nous. Par contre, les valeurs et l’éthique sont tout de même censées se préserver malgré les changements technologiques, non?

Pourquoi nous, jeunes modernes, sommes en quête de révélation de notre vie privée?Pourquoi pense-t-on que l'avis d'un inconnu est important par rapport à des aspects anodins de notre quotidien? À quel point on manque d'amour pour en chercher virtuellement?


Je me suis toujours demandée à quel point on a besoin de se faire dire qu'on est beau. Je penses aux utilisateurs qui semblent énormément s'aimer en nous bombardant de selfies et des photohoots. Ils reçoivent de beaux commentaires constructifs tels que des "tu rayonnes", des "beauté" ou des "bin voyons, tellement belle". C'est logique qu'ils continuent à publier leurs beaux visages, ils sont récompensés! C'est du renforcement positif. Mais à la fin, ne croyez-vous pas que cela montre un manque d'amour de soi, un besoin de se prouver, d'être apprécié ? Je généralise probablement, mais sinon je ne vois pas c'est quoi l'intérêt d'autant se prendre en photo. Peut-être trop s'aimer ? Est-ce que ça existe ça?


C’est devenu crucial devant le mur bien décoré d'un café pour « immortalisé » (définition d’immortaliser: prendre une photo et la publier dans sa story pour qu’inconsciemment, bien sûr, tout le monde voit qu’on a une belle vie). C’est addictif, car on en sait même plus pourquoi on le fait. Tout le monde le fait, alors je le fais. Tout le monde continue, alors je continue.


Je me souviens les premières fois que j’ai vu des gens photographier leurs assiettes. Nous avions tellement trouvé cela ridicule que c’était devenu une blague familiale de dire « pose ton assiette comme les finlandais, ça va être pertinent dans nos photos de voyage ». À cette époque lointaine on développait nos photos. Pourquoi développer les photos de 6 bols de pâtes et les mettre dans l’album de voyage ? À quel point on s’en balance!

Pourtant, aujourd’hui, c’est littéralement impossible d’aller souper en ville avec des amies (surtout filles, pardonnez mon manque de féminisme), sans story. Pensez-y, une photo du  repas, un boomerang de chinchin, des photos de filles et surtout, le filtre, les identifications des filles présentes (Ne pas oubliez une d'entres elles, car ça annule le fait qu'elle et là et sa fin de soirée va être triste).


On dirait qu’on est tombé dans un cercle qui ne permet pas de sortir de la boite et se demander pourquoi on a ces comportements. On ne se pose pas de question.

On PARTAGE notre vie. Pourtant, on verrouille nos portes de maison avant de se coucher. Pourtant, on ferme nos rideaux de chambre s’il fait noir dehors et qu’on veut se changer. Pourtant, on n’inviterait pas n’importe qui à entre dans notre maison. Pourtant, on n’aime pas que quelqu’un nous fixe ou nous suive dans la rue.

Étrangement, on pense qu’on est en sécurité par Internet. On trouve ça normal que 2000 personnes, qu’on ne connait pas, nous connaissent. Ils en savent beaucoup plus qu’on pense, c'est quand même creepy.


Depuis que j’ai 14 ans, je publie des photos et me tape dans le dos si elle fait fureur. Il y a même eu un passage de ma vie où je supprimais les photos publiées par après, car elles n’avaient pas eu assez de fameux likes. C’est tellement stupide et triste. Surtout dans la superbe phase adolescente où on ne fait que rechercher de l'acceptation et un sentiment d'appartenance. 

Les gens s’automanipulent pour se faire croire que leur vie est intéressante, qu'ils sont aimés et voulus (je pense à ceux qui payent pour avoir plus d'abonnés). Ils ont des amis, des réseaux d'amis. Ce qui est probablement le cas! Mais, eux-mêmes, ils ni croient pas, car ils se comparent à d'autres qui ont une vie parfaite selon leur feed.


Bref, hier matin, j’ai pris une décision. C’est absurde d’écrire un texte à ce sujet, mais le problème est que cela devient pathétiquement important. C’est curieux, car en supprimant mes incroyables abonnés inconnus, j’ai vu à quel point il y a des gens/comptes que je ne connais pas et que je ne veux pas connaître (des genres de xxxNatashaxxx avec des photos pour adultes osées). Plus de 90% des gens supprimés étaient des personnes inactives, inconnues et très douteuses.


Bon, la règle numéro 1 dans la vie, selon Elizabeth Allaire, est de faire ce qui nous rend heureux. Je crois que les réseaux sociaux, surtout Instagram, c'est du bonheur superficiel. À vous de déterminer si votre relation avec cette dépendance est saine. La prochaine fois que vous publierez quelque chose, demandez-vous «Pourquoi je partage ça ? ». Si vous ne pouvez pas répondre, vous avez votre réponse…


xx

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