Déjà usés par la pression
- Eliza A.

- 12 déc. 2018
- 3 min de lecture

Tu te réveilles.
Tu vas à l'école.
Tu étudies.
Tu soupes en vitesse.
Tu étudies.
Tu étudies.
Tu te couches.
Voici le quotidien quand tu es étudiant.
En rentrant, en septembre, je me suis fait racontée l'histoire du fameux élève qui reprenait sa session, car son but était tellement d'exceller que ça l'a poussé à faire un burnout. Le plus pathétique est que plus que j'avais des détails, plus je me disais que cela pouvait être moi. En fait, la majorité des conversations de début d'année étaient liées aux fameuses années de cégep qui auraient détruit plusieurs d'entre nous. La diabolique cote R, le feeling d'être à l'abattoir en se faisant clairement dire que la majorité des étudiants vont quitter dès la première session... Mes compatriotes d'étude me parlaient de leur insomnie, de leur consultations avec des psys en raison de leur anxiété de performance et tout ce tralala et au mon dieu que ça m'a frappé. Les discours sont les mêmes. Nous vivons des vies de robots, mais ne voulons pas vraiment.
On va être honnête:
Avoir une moyenne de sommeil de 4h par nuit, ce n'est pas sain;
Lier nos résultats scolaires à la valeur de notre personne, c'est ridicule;
Nous enseigner que les choix que nous faisons durant notre adolescence sont ceux qui déterminent tout notre avenir, c'est vraiment trop de pression;
Se faire donner des lectures comme si notre vie était 24/24 focus sur l'école, c'est irréaliste;
Avoir peur de poser des questions à des enseignants, car à chaque fois que quelqu'un le fait c'est le moment le plus embarrassant et le plus arrogant sur terre, c'est contre-éducatif;
Déjà avoir penser que prendre sa douche volait du temps pour son étude, c'est maladif;
Voir notre estime de soi baisser en raison de "mauvais" résultas, ce n'est pas constructif;
Complètement ignorer des travaux ou cours, car ils ne comptent pas et que dans la vie ce qui compte c'est la pondération , c'est décollé;
Faire des crises d'anxiété à répétition quand ta seule responsabilité (ou presque) c'est d'aller à l'école, c'est insensé.
Je pourrais continuer cette liste à l'infini, mais je ne le ferai pas, car c'est un peu déprimant. C'est déprimant, car ce sont tous des faits vécus. Que j'ai vécu, mais aussi que plusieurs vivent.
Le pire dans tout cela, c'est que tu ne peux pas vraiment arrêter. Même si tu, dieu merci, finis par réaliser que la vie c'est bien plus grand que des rendements scolaires, tu vas quand même avoir la même charge de travail le lendemain. Et, par dessus tout, le problème devient aussi toi-même. Tu deviens tellement habitué de vivre comme ça que même quand tu peux te lâcher lousse, tu n'es pas capable.
La situation dans qu'elle on vit est comparable à un cellulaire. Attendez de voir ma métaphore. C'est comme si tu utilisais toujours ton téléphone et que tu te dis que tu vas le recharger pendant les vacances de noël. C'est irréaliste. Même si tu te dis ça, on sait bien que tu vas être obligé de le charger le soir quand tu vas aller te coucher, sinon c'est évident que tu ne te rendras pas au temps des fêtes. En plus de tout ça, ton cell a un problème qui fait que sa luminosité est toujours au maximum et que toutes les applications fonctionnent tout le temps. On comprend tous, qu'il tire pas mal de jus ce téléphone là, mais ça c'est hors de ton contrôle parce qu'il est comme ça. La seule chose qu'on peut faire pour qu'il ne "meurt" pas tout le temps, c'est de le laisser se recharger.
Sois dit en passant, si ca vous arrive, faites le charger en mode avion, ça va plus vite.
Je me souviens du temps où je pensais être seule à ressentir cette pression. Mais non, nous sommes une grande communauté à vivre les impacts de notre société déséquilibrée. Quand j'ai réalisé cela, j'étais soulagée de voir que je n'étais pas seule. Aujourd'hui, je souhaiterais plus que tout être seule dans ma colonie de gens pognée du cerveau, car je ne souhaite ça à personne.
J'ai lu à quelque part que 70% des étudiants universitaires admettent que leur santé mentale est devenue un problème au cours de leurs études. C'est tellement loin d'être un pourcentage négligeable. En fait, c'est assez troublant de voir l'ampleur de ce pourcentage.
Après ça, on se demande pourquoi les jeunes d'aujourd'hui voyagent autant. Chow Bye la réalité, je réponds.
Mais les questions à se poser sont : Comment fait-on pour sortir de ce cercle vicieux ? Est-ce possible d'avoir une vie équilibrée? Est-ce normal que nous nous dirigeons vers un mode de vie si destructeur de l'intérieur et qui atteint des enfants, des adolescents, des adultes?
En gros, est-ce que c'est normal, d'être des étudiants et déjà être épuisés psychologiquement?
Pas certaine moi.
XX




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